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Comment j’ai maitrisé ma peur de l’avion

Mon histoire

J’ai toujours pris l’avion, depuis toute petite. Pour des longs ou petits trajets, pour aller en Europe ou bien à l’autre bout du monde. Je n’aimais pas particulièrement ça mais je n’avais pas peur non plus. Un jour, dans un avion qui nous ramenait à Paris depuis Dublin, il y a eu des turbulences juste énormes, j’ai eu vraiment très peur. J’ai grandi et je suis devenue de plus en plus stressée, et les voyages en avion n’ont pas échappés à mon stress.

J’ai développé une peur de l’avion juste incontrôlable. Ça allait de la crise de stress la veille du départ, à la crise de larme avant de monter dans l’avion, et à la crise de panique à la moindre petite turbulence. Avec les voyages que j’ai prévu de faire, et même pour mon confort et celui de ma famille qui me supportait dans cet état, je ne pouvais plus avoir aussi peur de l’avion. Lors d’un vol bien perturbé, et moi avec, le Stewart m’avait conseillé un stage d’Air France pour maitriser sa peur de l’avion. Mais le prix est de 600 euros, soit le prix d’un billet, voire carrément un aller-retour.

Le stage

On a trouvé une alternative chez AviaSim, un stage de 6h à 349€. Certes, ça reste à un prix élevé mais plus raisonnable que chez Air France. Ce stage est un stage personnalisé, il se passe avec un accompagnateur, un pilote de ligne, donc une personne de confiance. Le stage est disponible à Lyon, Toulouse, Tours, Bordeaux, Nice, Lille, Genève, Biarritz, Paris, Orly, Metz, Rennes et Caen.

Le stage se déroule en trois phases, de deux heures chacune. Lors de la réservation, AviaSim ne permet pas de réaliser le stage en 6h d’affilée, mais propose des alternatives comme une fois quatre heures et un autre jour les deux heures restantes, ou bien deux heures en trois jours. Les rendez-vous les weekends sont plus difficiles à obtenir rapidement, mais en semaine il n’y a aucun problème, j’ai appelé et ai obtenu un rendez-vous deux semaines plus tard.

Je vous conseille d’aller faire ce stage avant un voyage prévu, c’est plus efficace si on se rappelle parfaitement de la formation.

J’ai choisi de faire le stage en deux jours à une semaine d’intervalle, la première fois 4h et la deuxième fois 2h. Je me suis donc rendue là-bas un vendredi, j’ai été accueillie par une équipe super sympa.

Discussion et Workshop

La première phase est la phase de discussion avec le pilote. C’est à ce moment qu’on aborde toutes les choses à savoir sur un avion, et cette phase est accompagnée d’un joli powerpoint bien complet. Le pilote nous explique vraiment tout, tout en ce qui concerne les avions. Ça passe par la partie mécanique, par les phénomènes météorologiques, par la formation que suivent les pilotes jusqu’aux révisions et checking que le personnel doit faire avant le départ de n’importe quel avion. Cette phase est vraiment très complète. Mon instructeur était très à l’écoute, il a répondu à toutes mes questions, et finalement cette présentation est devenue comme une discussion. A la fin des deux heures, je ne les avais pas vues passer et je connaissais à peu près tout ce qu’il y avait à savoir sur les avions.

J’avais très peur de la météo, c’est surtout les turbulences qui m’angoissaient, je me suis rendue compte qu’il n’y avait à avoir peur, que c’était un phénomène normal sans danger pour l’avion. Les nuages et autres phénomènes qui peuvent être dangereux seront toujours contournés par les pilotes. Mon instructeur m’a dit : « On est peut être pilotes, mais comme les passagers, on a aucune envie de mourir ! »

 

Le responsable de la formation a dit très justement, et je pense que c’est une phrase à retenir :

« Ce qui est le plus inconfortable n’est pas pour autant dangereux. »

Je tâcherais de m’en souvenir !

 

Expérimentation en simulateur de vol

La deuxième phase, après le powerpoint a été l’expérimentation du simulateur de vol. Je pensais que le pilote allait piloter l’avion en nous démontrant qu’ils savaient parfaitement maitriser l’appareil, mais ça ne s’est pas du tout passé de cette façon !

Il m’a installée à la place du commandant, et il a d’abord fait un tour du tableau de bord de l’avion (assez impressionnant d’ailleurs, avec tous les boutons) et m’a montré absolument tous les boutons et expliqué leur fonction. Il m’a ensuite montré toutes les étapes à faire avant de faire décoller l’avion, une fois ou deux, puis m’a dit : « Bon bah, à toi ! ». Il m’a demandé de choisir l’aéroport de mon choix, et on a fait un tour de piste, et j’ai piloté toute seule ! Même si il était à coté pour tout maitriser. Avant le décollage, on a fait la check list de décollage, une liste de points à faire avant tous les décollages sans exception. La liste est informatisée, aucun moyen de l’oublier. Le premier tour de piste s’est super bien passé, je me suis rendue compte à quel point c’était compliqué de manier un avion, que les pilotes maitrisaient vraiment leur métier, et qu’il n’y avait aucune raison d’avoir peur sur ce point.

Après le tour de piste, nous avons simulé un vol Nice Ajaccio. Nous sommes passés par toutes les étapes, comme sur un vrai vol, à savoir rentrer toutes les coordonnées, préparer l’avion… Encore une fois, ça s’est bien passé. On a fait un dernier tour de piste et c’était déjà la fin des deux heures. C’est passé vite et c’était vraiment bien, je me suis même amusée en imaginant être dans cette machine dont j’ai si peur. En plus d’être enrichissant, c’est vraiment un moment agréable surtout quand on est tombé sur un instructeur comme le mien, qui m’a tout expliqué et m’a laissé piloter l’avion en ayant confiance.

Je suis sortie de la première journée, super contente et rassurée, avec une envie, découvrir la troisième phase !

Expérimentation en simulateur de vol, les « dangers »

La troisième phase se fait en un deuxième rendez-vous. Les deux heures se passe aussi en simulateur de vol, mais cette fois-ci pour vivre des situations « d’urgence », un moteur qui ne fonctionne plus, un temps orageux, la présence de givre…

Nous avons commencé le rendez-vous par une première simulation qui consistait à manipuler l’avion dans tous les sens, à tourner violemment d’un coup, à faire piquer l’avion… Finalement je me suis rendue compte que faire piquer l’avion d’un coup était peut-être impressionnant mais pas pour autant dangereux, parce qu’à une certaine distance de la terre, l’automatisation de l’appareil reprend le contrôle et redresse l’avion seule. C’est une procédure de sécurité en cas d’erreur humaine.

La deuxième simulation consistait à voler avec la perte d’un moteur, tout d’abord avec un moteur incendié. C’est là que j’ai vu que chaque avion était équipé d’un extincteur à chaque moteur, et permettait donc d’éteindre le feu en cas d’un incendie moteur. Un avion peut voler avec un seul moteur. Les procédures de sécurité raccourciraient le vol et l’avion devrait se poser plus rapidement dans un aéroport proche, mais ça ne met pas en perte l’avion non plus !

Au bout du troisième essai, le vol était très tranquille, nous avons fait un tour de piste, et c’est en arrivant sur la piste que le pilote m’a dit qu’il avait coupé les deux moteurs en vol et donc que l’avion volait uniquement de lui même. J’ai vu que même sans moteurs, un avion plane et ne tombe jamais ! Son temps de vol est certes limité et il doit se poser mais les pertes des deux moteurs ne rendent pas pour autant le vol non sécurisé.

Après avoir vécu une situation de givre intense, un départ de nuit et en plein orage, je me suis rendue compte que toutes les situations problématiques à apparence dangereuses avaient une solution, et que c’est le métier des pilotes de réagir le plus sereinement possible lors de ces problèmes.

Je suis repartie du stage beaucoup plus rassurée, prête à prendre mon vol deux semaines plus tard !

 

La phase pratique

L’allée

Deux semaines plus tard, le mercredi 21 Février, je me suis envolée pour Cuba. Je ne vous cache pas que j’avais une petite appréhension, mais beaucoup moins forte que d’habitude. Le stress était moins présent que les fois précédentes. Cela venait aussi du fait que le vol se passait en plein jour et que je pouvais regarder par le hublot. C’est une place qui me rassure, si je ressent des turbulences et que je vois que nous sommes dans un nuage, je comprends mieux les secousses. Et puis on ne va pas se mentir, c’est de là qu’on a la meilleure vue pour faire des photos !

Je suis montée dans l’avion et c’était parti pour un vol de 9h. Le vol s’est très bien passé. très peu de turbulences, j’ai réussi à dormir, et une vue à couper le souffle en arrivant au dessus des Bahamas. Je me suis rendue compte que le stage m’avait beaucoup aidée parce que même en cas de secousses, je me sentais beaucoup plus détendue que d’habitude.

Le retour

Pour le retour, nous étions parti pour un vol de nuit de 8h. Je suis stressée par les vols de nuits, pour la simple et bonne raison que je ne peux pas regarder dehors et que si il y a des secousses, je me sens encore plus « enfermée » que d’habitude. Je suis montée dans l’avion moins sereine qu’à l’allée, toujours une petite appréhension, les choses ne se font pas d’un coup !

Le vol de nuit a eu quelques turbulences, mais pas terribles non plus. Je repensais à ce que les instructeurs m’avaient dit sur les turbulences, et j’ai réussi à dormir. Je suis arrivée à Paris fatiguée mais contente d’avoir passé un bon vol.

Là où le stage m’a beaucoup aidée à été dans les décollages et les atterrissages. Je comprenais tous les bruits étranges, les secousses, et j’imaginait les manœuvres des pilotes dans le cockpit. Finalement c’est la partie en simulateur de vol qui m’a été la plus bénéfique. Comprendre le métier de quelqu’un permet de lui faire d’autant plus confiance et de se détendre.

 

Ce que je peux dire, c’est que cette expérience en vaut vraiment la peine ! C’est un coût mais un très bon investissement pour les personnes comme moi qui voyagent assez souvent, et qui ont une peur panique de l’avion. En plus d’être enrichissante (après, vous aurez plein de choses à raconter à vos amis et à votre famille), l’expérience est très bénéfique. Si vous avez en plus la chance d’être comme moi accompagnées d’instructeurs absolument adorables, vous passerez un super bon moment. Je recommande ce stage à toutes les personnes qui ont peur de l’avion, et qui ont besoin d’aide pour la surmonter.

Dernier conseil, je vous conseille de faire ce stage avant un voyage prochain ! Pas très utile si vous le faites alors que vous partez dans un an et demi. Le faire deux trois semaines avant de partir est la meilleure solution pour se souvenir de tout ce qu’il s’est dit.

Petits tips supplémentaires

  • Si vous êtes vraiment très stressée, n’hésitez pas à en parler à votre médecin qui vous prescrira certainement des cachets anti-stress, à prendre avant le vol.
  • Dans l’avion, occupez-vous ! C’est le meilleur moyen de rendre le voyage plus agréable et moins long. Si vous ne dormez pas, regardez des films, lisez un livre ou un magazine que vous aurez acheté avant à l’aéroport, faites le tri dans vos photos, travaillez…
  • Marchez ! Levez-vous de temps à autre de votre siège et faite une petite marche dans les couloirs. Au fond de l’avion, il y a souvent un coin snacks où des produits et des boissons sont proposés. Cela permet de passer le temps et surtout de faire fonctionner un peu ses jambes.
  • Mettez-vous à coté du hublot ! Se mettre à coté du hublot (en tout cas pour ma part) est parfois rassurant. On peut comprendre les turbulences quand on est dans un nuage, on peut regarder dehors lors du décollage et de l’atterrissage… Parfois, regarder la mer de nuages dehors est aussi un moyen de se détendre.
  • Téléchargez des applications prévues pour calmer les peurs en avion. J’en avais téléchargées quelques unes, qui fonctionnent en mode avion. Méditation, explications des phénomènes comme les turbulences, ça permet de stresser un peu moins dans l’avion en comprenant les différentes expériences qu’on est en train de vivre. On peut aussi les regarder la veille avant le départ, pour se détendre un peu.
  • N’hésitez pas à acheter un livre sur la peur des avions, la blogueuse You Make Fashion avait d’ailleurs parlé d’un livre dans une de ses vidéos sur sa peur de l’avion,  Comment ne plus avoir peur de l’avion, de Marie Claude Dentan. Je ne l’ai pas lu mais je suis sûre que ça peut être une première solution avant d’investir dans le stage pour contrôler sa peur.

 

J’espère que cet article sur mon expérience personnelle vous aura plût mais surtout qu’il vous aura aidé. Je vous retrouve très bientôt pour de prochains articles et le récit de mon voyage à Cuba.

 

 

 

 

Merci à Valentin, Eddy et James chez Aviasim pour leur aide.

 

Stage contre la peur de l’avion

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