Get Healthy With Me LIFESTYLE

La malédiction des quatre kilos

« On ne va pas se mentir, tu n’as pas les mêmes cuisses que tes copines. » « Tu n’es pas en surpoids, mais il va falloir faire attention. » « Tu as de la graisse. » Tous ces petits mots glissés comme si de rien était, et qui, au fil des années, ont dégradé la, à cette époque déjà, pas grande confiance que j’avais en moi.

C’était en 2012, j’avais 14 ans, et je venais de vivre une année extrêmement difficile au collège. La quatrième n’a pas été la plus belles des années d’école, si ce n’a pas été la pire. En fait, avant tout ça, je ne me sentais pas si mal dans ma peau. Toujours entre les bons repères sur mon carnet de naissance, un IMC des plus raisonnables, mais des gênes héréditaires pas sympas et des cuisses un peu plus enrobées que la moyenne. Au début du collège, tout ça, on s’en fiche. On ne regarde pas les autres, la notion “d’être bien dans sa peau“ n’existe pratiquement pas dans notre vocabulaire, en général, on est juste qui on est.

Après cette année de quatrième où rien n’a été facile, c’est à New York, en 2012, qu’en essayant des jeans Levi’s chez Mace’s, dont la taille américaine me perdait totalement, j’ai reçu cette fameuse reflexion « On ne va pas se mentir, tu n’as pas les mêmes cuisses que tes copines ». Ca fait mal, et ça reste gravé bien plus longtemps en soi que le temps passé dans la cabine d’essayage. Résultats, pas de jeans achetés et un dégoût de moi-même qui allait s’installer pendant des années, et finalement ne jamais partir.

2014, quand j’ai commencé à prendre la pilule. A cette époque, je faisais 1m60 et pesait 50 kilos. Je me sentais pas si mal, pas si moche. L’été précédent, je suis partie en colonie de vacances et je ne me souviens pas avoir eu du mal à me mettre en maillot de bain à coté des copines. Mais la pilule est arrivée avec ses 8 kilos qui se sont installés. Un an plus tard, après une prise de conscience de ce physique que je ne connaissais pas, des copines toutes plus fines les unes que les autres, des abus d’alimentation au lycée pour justement “faire comme les copines“, incluants grignotages, nuggets, frites, pâtes, et Nutella à la petite cuillère, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose. En terminale, je me suis prise en main. Je suivait à ce moment là Caroline et Safia sur Youtube, qui parlaient de ce programme sportif miraculeux, “Le programme Déesse“. Un code promo de -50% et l’accord de mes parents plus tard, j’ai commencé ce programme le 1er Février 2015. C’était dur, c’était éprouvant, mais trois mois de diète et de sport quotidien plus tard, je me sentais enfin bien dans ma peau ! J’avais un corps musclé, tonique, mais le moral dans les chaussettes en une envie de manger tout ce dont j’avais été privée depuis trois mois.

C’est là en fait, que les problèmes ont commencé. J’étais tellement heureuse de ce nouveau corps que je voulais à tout prix le garder, mais je n’avais plus envie de me priver pour autant. Je suis donc rentrée dans un joyeux cercle vicieux qui faisait que quand je me faisais un petit peu plaisir, je devait compenser en faisant beaucoup de sport à coté. On pourrait croire que cette manière de penser est saine, mais pas tellement. Ca consistait en fait à compter mes calories sur une petite application, je mangeais en petite quantité et je pouvait faire jusqu’à deux heures de sport quotidiennes pour éliminer tout ça.

2015 – 2016, ma première année d’études supérieures. Moi qui avais passé toute ma scolarité avec les mêmes personnes, de la petite section au baccalauréat, j’allais rencontrer d’autres gens, des futurs copains, et je n’avais qu’une seule idée en tête : qu’on me trouve jolie et fine. Cette année a un peu été l’année de tous les changements, autant dans le positif que dans le négatif. Cette année là, j’ai pris beaucoup confiance en moi, je me disais que l’avantage de rencontrer de nouvelles personnes était que je pouvais être qui je voulais. J’ai commencé à oser plus de folies dans mes tenues, je me suis teinte en blonde, j’ai enfin eu ce carré plongeant que je voulais depuis longtemps, et ça a fonctionné. En apparence, je ressemblais à une petite blonde bien trop timide mais bien dans sa peau, et surtout fine. A ce moment là, je faisais 50 kilos pour 1m63. Je ne me suis jamais sentie aussi fine, jolie, pour moi, rentrer dans un 34 et sortir d’un magasin sans aucun article si il ne restait que du 36 était une victoire. Mais les dessous n’étaient pas si jolis.

En fait, je ne mangeais rien. Le midi, je mangeais en petite quantité, et je pouvais passer une demi-heure devant le rayon salades chez Monoprix, à scruter les calories des barquettes. En rentrant de l’école, je faisais du sport, beaucoup de sport. Le soir, je mangeais une soupe en poudre à mélanger avec de l’eau, c’est tout. Et au final, j’étais malheureuse. Je me souviens de cet après-midi où mes parents m’avaient acheter une patisserie pour le goûter. Ce n’était pas prévu, je n’avais pas anticipé cette patisserie dans mon plan alimentaire de la journée. Résultat, j’ai pleuré pendant un quart d’heure à table parce que je ne voulais pas la manger. Au final, j’ai mangé la moitié et fait une heure de vélo ensuite. Ces 50 kilos ont été la meilleure période de ma vie, et peut-être aussi la pire.

En juin, je me suis mise avec mon copain. Nouvelle rencontre, nouvelles habitudes, lorsque j’allais chez lui, je ne contrôlais rien. Je n’avais plus le temps de faire du sport et lorsque j’étais avec lui, je n’avais pas envie de lui pourrir la vie avec mes lubies alimentaires. Alors j’ai juste arrêté de controller. Résultats à la rentrée, plus 4 kilos sur la balance. 54 kilos pour 1m63. Et je me sentais pas si mal, parce qu’il me disais que j’étais jolie, en fait lui, il n’avait même pas remarqué cette prise de poids, alors je vivais avec, en me disant que les autres ne remarqueront surement pas non plus. C’est un matin avant de partir en cours que ma mère m’a regardée de haut en bas en me disant « Dis donc, il serait temps de te remettre au sport ». C’est là que la malédiction des quatre kilos à commencé.

J’ai écouté l’autre jour un podcast de Chloé Bloom qui m’a vraiment donnée envie d’écrire cet article. Il s’appelle “PERDRE DU POIDS : Comment 4 kilos ont dicté ma vie“. On aurait dit que ce  podcast avait été écrit pour moi. Et je vous invite à l’écouter, parce qu’elle dit juste tout haut ce que la plupart des femmes pensent tout bas. Quatre kilos, c’est rien en apparence, mais mon dieu que ça peut nous gâcher la vie.

Le podcast de Chloé

 

Et depuis 2016, je me bats pour perdre ces quatre kilos, pour redevenir la même fille plus mince que j’étais il y a trois ans. Et même si ça implique d’être malheureuse, et même si ça implique de me priver. Avec quelques efforts, une alimentation équilibrée et du sport, je fais aujourd’hui 52 kilos pour 1m63. Pile dans la courbe. Certains me disent que je suis bien, d’autre se taisent, mais il y a toujours les petites remarques mal placées de quelques personnes, celles qui font mal. Comment se sentir mieux dans sa peau, et surtout, comment vivre en harmonie avec un corps qu’on aimera certainement jamais ?

J’avais envie de faire ce post différent des autres, parce qu’on est en plein dans cette période de l’année où on doit faire une taille mannequin, où la cellulite de nos fesses doit être lissée, où notre ventre doit être plat, où rien ne doit dépasser du bikini. Et pour quoi en fait ? Juste pour le regards des autres. Finalement, quand on essaye un maillot de bain, pour la plupart on se demande : « Est ce que mon corps sera assez mis en valeur pour l’autre là-dedans? », où encore « Il me reste encore plein de graisse et de cellulite sur les cuisses, ce soir, petite soupe ». Certaines le font pour elles et tant mieux, mais beaucoup le font pour les autres. En plus aujourd’hui, avec Instagram et les réseaux, on est de plus en plus mis face à des filles toujours plus minces, toujours plus belles. Mais moi, je pense qu’on est toutes dans le même bateau.

On ne sait pas ce que la fille super canon de la serviette d’a coté qui se prends en photo pour Instagram se dit peut-être qu’elle serait mieux avec trois kilos en moins. Que cette fille dans la rue en apparence super mince aimerait bien avoir quatre kilos en plus. En fait, chacun vit avec lui même, avec sa propre vision de son corps, et on devrait tous garder ça en mémoire, qu’on ne vit pas pour quelqu’un, mais pour nous. On ne devrait même pas avoir à s’“assumer“, juste à vivre. Juste à enfiler un maillot qui nous fait plaisir et aller nous jeter dans les vagues si on en a envie. Je vous parle de tout ça parce que, la semaine dernière, j’ai pleuré sur la plage parce que j’avais envie d’une glace et que je culpabilisais à l’idée de la manger. Parce que j’étais tiraillée entre l’envie de manger quelque chose qui me faisait plaisir et cette peur de reprendre mes quatre kilos. En fait, quatre kilos, c’est juste un chiffre sur la balance. L’important aujourd’hui, c’est juste d’être qui ont est. Il n’y a pas de kilos en trop ou de pas assez de kilos, il y a juste nous. Nous dans cette enveloppe corporelle qui va nous porter jusqu’à la fin. Celle qu’on déteste tellement mais qui finalement nous permet de vivre.

Certes je poste des photos de moi en maillot sur Instagram, est ce que ça veux dire que je m’aime pour autant ? Bien sûr que non. Je peux cependant vous assurer que je ne retouche aucunement mes photos, parce que finalement, dans la vraie vie, on ne peux pas se retoucher. Alors voilà, j’avais envie de me confier, de raconter mon histoire, celle d’une fille en apparence normale qui a plein de contentieux avec son corps. J’en suis à un point où je me demande si je l’aimerais un jour. Mais ce corps me permet de marcher, de respirer, de sauter, de nager, de manger, toutes ces choses qui font aussi partie des vacances, au delà de ce poids sur la balance qui nous fera nous sentir bien où non en maillot de bain. Ne vous fiez pas aux apparences, et soyez juste heureux avec vous-même. S quelqu’un vous juge, c’est certainement qu’il se juge aussi. C’était un article différent pour vous dire la vérité, pour se dire qu’on a pas besoin de tous ces programmes “summer body“ pour être bien cet été. Juste vous et votre maillot de bain, c’est déjà bien. Je vous souhaite un bel été.

 

 

 

 

 

 

Leave a Reply